Le sac dans lequel, ivre, j'avais mis mes poèmes.
Bercé par le roulis du marais endiablé,
Je m'étais tout entier dédié à ma bohème.
L'onde stagnante où, vifs, grouillaient moultes serpents
M'enlaçait, donnant à mon voyage une allure
Maternelle. Délivré de tout poids, et pensant
A mon hymen chanteur, que j'avais fière allure !
Je vis, me croirez-vous, au cour de mon périple,
Des archipels émeraudes et des temples engloutis
Des trésors ancestraux depuis des lustres enfouis.
Mais malgré ces richesses et ces aurores multiples
Malgré la belle jouissance procurée par l'ivresse
D'un tel parcours, je t'envie encore, chère diablesse !
