Encore et toujours Toi...

Encore et toujours Toi...
Puis-je seulement espérer un horizon dans lequel
______Je t'aurai enfin oubliée ?
# Posté le mercredi 19 novembre 2008 13:15

Paroles égarées

Paroles égarées
J'avais depuis des jours sciemment délaissé
Le sac dans lequel, ivre, j'avais mis mes poèmes.
Bercé par le roulis du marais endiablé,
Je m'étais tout entier dédié à ma bohème.

L'onde stagnante où, vifs, grouillaient moultes serpents
M'enlaçait, donnant à mon voyage une allure
Maternelle. Délivré de tout poids, et pensant
A mon hymen chanteur, que j'avais fière allure !

Je vis, me croirez-vous, au cour de mon périple,
Des archipels émeraudes et des temples engloutis
Des trésors ancestraux depuis des lustres enfouis.

Mais malgré ces richesses et ces aurores multiples
Malgré la belle jouissance procurée par l'ivresse
D'un tel parcours, je t'envie encore, chère diablesse !
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# Posté le mercredi 19 novembre 2008 13:12

Voyelles

Voyelles
L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'homme saigné noir à ton flanc souverain.


A. Rimbaud
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# Posté le mercredi 19 novembre 2008 13:04

Crépuscule des idoles

Crépuscule des idoles
Un jour, maigre et sentant un royal appétit,
Un singe d'une peau de tigre se vêtit.
Le tigre avait été méchant, lui, fut atroce.
Il avait endossé le droit d'être féroce.
Il se mit à grincer des dents, criant : je suis
Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits !
Il s'embusqua, brigand des bois, dans les épines;
Il entassa l'horreur, le meurtre, les rapines,
Egorgea les passants, dévasta la forêt,
Fit tout ce qu'avait fait la peau qui le couvrait.
Il vivait dans un antre, entouré de carnage.
Chacun, voyant la peau, croyait au personnage.
Il s'écriait, poussant d'affreux rugissements :
Regardez, ma caverne est pleine d'ossements ;
Devant moi tout recule et frémit, tout émigre,
Tout tremble ; admirez-moi, voyez, je suis un tigre !
Les bêtes l'admiraient, et fuyaient à grands pas.
Un belluaire vint, le saisit dans ses bras,
Déchira cette peau comme on déchire un linge,
Mit à nu ce vainqueur, et dit : tu n'es qu'un singe.
# Posté le mercredi 01 octobre 2008 15:45

Rage des Césars

Rage des Césars
L'Homme pâle, le long des pelouses fleuries,
Chemine, en habit noir, et le cigare aux dents :
L'Homme pâle repense aux fleurs des Tuileries
- Et parfois son oeil terne a des regards ardents...

Car l'Empereur est soûl de ses 2 ans d'orgie !
Il s'était dit : "Je vais souffler la Verité
Bien délicatement, ainsi qu'une bougie ! "
La Verité revit ! Il se sent éreinté !

Il rugit. - Oh ! quel nom sur ses lèvres muettes
Tressaille ? Quel regret implacable le mord ?
On ne le saura pas. L'Empereur a l'oeil mort.

Il repense peut-être à sa Belle en jupette...
- Et regarde filer de son cigare en feu,
Comme aux soirs de Saint-Cloud, un fin nuage bleu.
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 14:08